Traitement au métronidazole : efficace chez le poisson discus ?

Par Matias / 5 minutes de lecture / Publié en novembre 2017 et mis à jour en mai 2020

L’importance d’un bon diagnostic et d’une prescription adéquate

Chez le poisson discus comme chez tous les autres, il est très difficile de distinguer les maladies par leurs symptômes, qui sont souvent similaires. Sur les forums, il n’est pas rare que des traitements soient recommandés sans diagnostic, souvent avec du métronidazole. Comme si tout antibiotique à large spectre pouvait faire l’affaire et que les dosages étaient standards. Mais, si on y réfléchit, chez les humains les doses destinées aux enfants ou aux adultes sont différentes.

C’est avec une fréquence alarmante que l’on donne aux poissons des médicaments à l’aveuglette, sans avoir effectué un diagnostic précis, ni considéré les doses qui garantiront un traitement efficace. Les antibiotiques permettent souvent de soigner la maladie, mais à quel prix ?

Parmi la multitude de médicaments commerciaux, très peu spécifient réellement les maladies qu’ils soignent. On entend aussi parler de divers mélanges, de bains avec du vert malachite, du bleu de méthylène et autres. Il est impossible de savoir combien de fois ces traitements « artisanaux » et propagés par le bouche à oreille permettent de guérir un poisson discus… et combien de fois ils représentent un stress supplémentaire qui, en plus de ne pas résoudre le problème sous-jacent, finit par tuer le poisson.

La méthode de diagnostic correcte consiste en une analyse bactériologique des selles, du tissu ou de l’organe affecté, effectuée par un vétérinaire spécialisé. Pour cela, l’échantillon doit être le plus récent possible. En d’autres termes, le vétérinaire doit être à proximité, une situation qui, malheureusement, n’est pas à la portée de tout le monde.

L’abus d’antibiotiques

L’automédication n’est pas la solution. En administrant des antibiotiques, on court le risque de soumettre le poisson discus à de fortes doses d’un produit chimique qui, au final, peut ne pas servir l’objectif visé.

Parfois, l’antibiotique est ajouté non seulement à l’eau mais aussi à la nourriture, de sorte que les apports peuvent être considérables. Les poissons seront guéris, mais des traitements incomplets ou trop fréquents entraînent une résistance des agents pathogènes aux antibiotiques. Les traitements ultérieurs peuvent devenir de moins en moins efficaces.
De plus, les effets secondaires ne sont pas connus et il n’est pas possible de contrôler la façon dont cela affecte la santé du poisson discus à long terme. Comment ces poissons pourront-ils alors vieillir en bonne santé ?
Enfin, les bactéries nitrifiantes du filtre biologique subissent souvent de graves dommages, ce qui altère la stabilité globale de l’aquarium et aggrave la situation.

La meilleure prévention

Je ne comprends pas et je ne cautionne pas les fameuses vermifugations préventives périodiques, ni le traitement des poissons avant l’exportation ou au début de la quarantaine à destination. Il me semble qu’il s’agit de mesures visant à les rendre « vendables » le plus rapidement possible, sans tenir compte de l’impact à moyen et long terme sur la santé du discus.

Entre-temps, j’ai relativisé mon opinion à cet égard. Il existe des médicaments conçus pour un usage répété, qui n’endommagent pas les bactéries du filtre. Mais, plutôt que de soigner les maladies, mieux vaut essayer de les prévenir en fournissant les bonnes conditions et des paramètres de l’eau de l’aquarium optimaux.

Trop souvent, les poissons vivent dans une eau dure et alcaline, dont les propriétaires n’ont jamais mesuré les nitrates… et disent que les discus sont des poissons délicats. Si aucune mesure n’est prise pour améliorer les conditions, les poissons retomberont malades. Il faut s’investir et travailler à fournir des conditions acceptables :

  • pH : 7 ou moins,
  • KH : 3 ou moins,
  • zéro nitrites,
  • nitrates : 20 mg/l ou moins,
  • absence de germes,
  • et le filtre mécanique toujours propre.

En se concentrant sur le conditionnement adéquat de l’eau, on réalisera des économies de médicaments, avec un meilleur résultat à moyen et long terme. En maintenant ces conditions, les maladies seront l’exception ! On s’épargnera bien des soucis et on pourra profiter pleinement de notre hobby.

Exemple de développement de maladie chez un discus et traitement au métronidazole

Dans ce cas, les symptômes étaient un assombrissement général de la peau et des sortes de taches de tissu blanc sortant de la peau dans la région de la tête.  En principe, il pourrait s’agir de « grains de nitrate », inoffensifs si on réagit rapidement en améliorant sensiblement la qualité de l’eau. Mais les taches étaient concentrées sur la tête et elles étaient nombreuses. Il y avait une possibilité que ce soit de l’hexamite, mais rien de sûr. L’hexamite est l’une des maladies les plus redoutées, mais elle apparaît généralement en raison d’un manque de minéraux, et moins fréquemment dans l’eau alcaline et dure, où il y a trop de minéraux. Mais il ya tant de choses que l’on appelle hexamite…

Aspect jour 1 :

Les mesures suivantes ont été prises:

  • Changement d’eau important (80 %) dès la découverte du problème et nettoyage du filtre mécanique.
  • Augmentation de la quantité et de la fréquence des changements d’eau.
  • Installation d’un filtre UV de 36W.
  • Un Plecostomus trop agité et stressant a été retiré de l’aquarium.
  • Traitement au métronidazole.

Le traitement au métronidazole a été réalisé de la façon suivante : 100 mg par 100 litres d’eau pendant 3 jours (re-dosage à chaque changement d’eau), 3 jours de pause, répéter 2 fois.
Au total, 15 jours de traitement. Heureusement, le discus malade n’a jamais cessé de se nourrir.

Aspect après 9 jours : une certaine amélioration est déjà perceptible.

disco a 9 días de tratamiento con el metronidazol
Aspecto a los 9 días. Ya se percibe cierta mejoría.

Aspect après 21 jours : il ne reste que les marques.

disco después de 21 días de tratamiento con metronidazol
Aspecto a los 21 días. Sólo quedan las marcas.

Après 2 mois : comme si de rien n’était !

disco recuperado gracias al metronidazol
A los 2 meses. Como si nada hubiera pasado.

Je pourrais vous montrer d’autres cas de poissons discus malades que j’ai eus, pour lesquels j’ai encore de la peine. Selon certains chercheurs, il s’agit des stades antérieurs de l’hexamite qui trouve son origine dans les parasites intestinaux. Parmi ces cas, quelques beaux hybrides de Tony Tan et quelques beaux Heckels sauvages juvéniles. Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui…

Conclusion

Lorsque j’ai demandé des conseils sur ce cas, on ne m’a pas donné beaucoup d’espoir, mais tout s’est bien passé. Avec autant de mesures simultanées, il est difficile de savoir laquelle a aidé et dans quelles proportions. Mais je pense que le métronidazole a guéri les blessures et que les changements d’eau ont amélioré la santé générale du discus, qui s’est complètement rétabli. J’insiste sur le fait que la meilleure prévention consiste à fournir les bonnes conditions. Il faut espérer une augmentation de la quantité de vétérinaires capables de diagnostiquer les maladies de nos discus de manière professionnelle. En attendant, maintenir la médication au strict nécessaire. Commençons par obtenir une eau de qualité pour nos poissons discus. Finalement, ce poisson a terminé par montrer un aspect sain comme celui-ci :

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